Les six familles en un tableau
| Méthode | Ce qu'elle fait | Ses limites | Notre lecture |
|---|---|---|---|
| Gel appât | La blatte le mange, retourne se cacher, meurt plus tard1 | Résistances, aversion au glucose12, résultat en jours ou semaines5 | La base du traitement de la germanique |
| Piège collant | Détecte et suit la population5 | N'élimine pas une population installée9 | Indispensable pour mesurer |
| Pulvérisation | Tue l'insecte touché | Pas d'effet durable5, résistance, effet répulsif2 | Déconseillée à côté d'un gel |
| Fumigène | Remplit la pièce d'insecticide | Échec dans un essai à domicile, résidus3 | À écarter dans un logement |
| IGR | Empêche les jeunes de devenir des adultes fertiles10 | Ne tue pas, ne fait pas baisser les effectifs vite2 | Complément en cas d'infestation installée |
| Poudre | Agit au contact, dans les vides secs | Pyréthrinoïde souvent, donc résistance4 ; l'acide borique n'est plus autorisé comme insecticide7 | Usage très ciblé |
Le gel appât : ce qui marche, et pourquoi
Toutes les blattes mobiles doivent manger avant de muer, et les femelles adultes pour se reproduire1. C'est le point faible qu'exploite l'appât. Il existe deux exceptions : les femelles qui portent une capsule d'œufs mangent peu, et les tout jeunes se déplacent peu1. En laboratoire, ces derniers meurent souvent en mangeant les excréments des adultes qui ont touché à l'appât1. Le poids réel de cet effet dans un logement reste discuté.
Les résultats publiés concernent surtout des logements américains et des produits qui ne sont pas toujours vendus en France :
- Sur 8 logements, avec une seule application d'un gel professionnel, le nombre de blattes a baissé de 72 %, 88 %, 97 % et 99 % à 1, 2, 3 et 4 semaines, dans une étude financée par les fabricants6.
- Dans un essai de la Caroline du Nord, les gels ont fait baisser les populations, sans les éliminer complètement en un mois3.
- À domicile, un gel grand public n'a pas fait baisser significativement la population avant le deuxième mois dans une étude du Kentucky de 2025, alors que les gels professionnels agissaient en un mois11. Ce résultat ne se transpose pas tel quel aux produits français.

Les pièges collants : mesurer avant de juger
Sans pièges, on juge un traitement à ce que l'on voit, et les blattes passent la journée cachées. Dans une étude américaine, sur 18 logements fortement infestés, les captures se répartissaient ainsi : 36 % près du réfrigérateur, 35 % près de la cuisinière, 17 % sous l'évier, 12 % dans la salle de bain22. Tous les modèles ne se valent pas : le meilleur a capturé 36 fois plus que le moins bon en cuisine simulée23. Gardez le même nombre de pièges, aux mêmes endroits, pour comparer d'un relevé à l'autre. Ils ne suffisent pas à éliminer une population installée9.
Résistances : pourquoi un produit peut échouer
Trois phénomènes expliquent la plupart des échecs. Aucun n'est chiffré pour la France, faute d'étude.
Résistance aux sprays
Une population américaine résistait 202 fois plus à la cyperméthrine qu'une souche de laboratoire, et plus de 96 % des blattes portaient une mutation de résistance4.
Aversion au glucose
Certaines populations rejettent le glucose, un ingrédient courant des appâts : 7 populations sur 19 dans une étude de 201312. Le gel n'est alors tout simplement pas mangé.
Résistances croisées
Dans un essai à domicile, alterner les substances a peu aidé, car une résistance à l'une pouvait valoir pour une autre13. Changer de produit reste utile si rien ne bouge après 2 à 3 semaines9, sans être une assurance.
Les erreurs qui font échouer un traitement
- Pulvériser à côté du gel. Les autorisations françaises demandent de ne pas l'appliquer dans des zones déjà traitées avec un autre insecticide14.
- Laver les points de gel. Nettoyez la cuisine, mais pas ces points15.
- Laisser de la nourriture disponible. Une autre source de nourriture réduit l'effet indirect de l'appât16.
- Dépasser la dose de l'étiquette. Deux gels grand public autorisés en France limitent à 12 gouttes de 0,04 g par logement et une seule nouvelle application14. Suivez l'étiquette de votre produit.
- Arrêter trop tôt. L'élimination se juge à au moins un mois sans blatte vue ni piégée2.
- Acheter un flacon de marché ou de voyage. Voir l'encadré ci-dessous.
Le fumigène : pourquoi nous le déconseillons
Dans un essai américain, 20 logements traités avec quatre fumigènes du commerce n'ont montré aucune baisse des populations. Les résidus sur les surfaces y étaient en moyenne 603 fois plus élevés qu'au départ3. Les fumigènes présentent aussi un risque d'incendie dans les logements équipés d'appareils à gaz2.
En France, l'autorisation d'un fumigène que nous avons lue le limite aux locaux qui ne sont jamais lavés à l'eau. Dans un logement privé, cela désigne garages, caves, greniers, combles et vides sanitaires. Elle prévoit au moins 4 heures de fermeture, 8 heures de ventilation et 48 heures de délai d'action pour les blattes8. Une cuisine ou une chambre n'en font pas partie. Vérifiez toujours l'étiquette de votre produit.
Produits autorisés au grand public, ou non
La catégorie d'utilisateurs figure dans l'autorisation du produit, pas dans son nom commercial18. La mention « professionnel » sur une annonce ne prouve rien.
Des gels en seringue de 10 g au plus et des boîtes d'appât à l'imidaclopride14, ainsi que des poudres à la deltaméthrine21, sont autorisés pour les non-professionnels. Nous ne recommandons aucune marque.
Pour acheter ou utiliser un biocide réservé aux professionnels, il faut détenir le Certibiocide, certificat individuel, et le distributeur tient un registre de vente18. Un particulier n'est donc pas un acquéreur régulier de ces produits (notre lecture de la notice).
À notre connaissance au 30/10/2026, d'après la base européenne : fipronil, abamectine et clothianidine expirés. L'acide borique n'a aucune ligne d'approbation comme insecticide7. Beaucoup d'études américaines portent donc sur des produits absents du marché français. Une décision de renouvellement peut changer ces statuts.
IGR et poudres : des compléments
Un régulateur de croissance, ou IGR, ne tue pas les blattes. Il empêche les jeunes de devenir des adultes fertiles10. Une fiche américaine le réserve aux lieux où l'infestation est chronique et importante, en association avec un appât2. L'autorisation d'un gel français contenant un IGR interdit de l'utiliser là où une résistance est suspectée ou établie19.
La terre de diatomée n'a pas fait l'objet d'étude sur les capsules d'œufs. Nous ne la présentons donc pas comme un moyen de les détruire. Nous n'avons pas trouvé de preuve solide pour le bicarbonate ni pour le vinaigre.
Désinsectisation cafard : que faire après, combien de temps
Une fois le traitement posé, voici les repères utiles :
- Laissez les points de gel en place. Ne les nettoyez pas et ne pulvérisez rien autour15.
- Nettoyez le reste. Miettes, vaisselle, sols, derrière les appareils. Essuyez les crottes, qui attirent d'autres blattes15.
- Aspirez avec un filtre HEPA, puis fermez et jetez le sac15.
- Relevez les pièges aux mêmes endroits. Les jalons documentés sont 2 et 4 semaines3.
- Attendez-vous à revoir des blattes au début. Un appât peut demander 7 jours ou plus5. Les œufs à l'abri dans leur capsule peuvent encore donner des jeunes les semaines suivantes, d'où les contrôles répétés2.
Les allergènes durent plus longtemps que les insectes : plusieurs mois dans les excréments20. Le nettoyage reste donc utile après la fin du traitement. Pour un logement, nous n'avons trouvé aucun texte qui impose une « désinfection » après coup.

Quand passer à une intervention
Passez la main si le gel n'est pas consommé, si les captures ne baissent pas après 2 à 3 semaines, si vous voyez tous les âges dans les pièges, ou si les voisins sont touchés. Le passage à l'échelle de l'immeuble est expliqué dans la page sur les cafards dans un immeuble parisien. Pour une demande à Paris 9e et autour, voyez notre page sur le traitement des cafards et blattes. Le coût et les questions à poser sont traités dans les pages prix d'une désinsectisation et choisir une entreprise. Pour une cuisine professionnelle, consultez la page restaurant.
Questions fréquentes
Combien de temps dure l'effet d'un traitement contre les cafards ?
Aucune durée universelle n'existe. Les études contrôlent à 2 et 4 semaines. Une fiche de l'université Rutgers recommande de continuer toutes les 2 à 4 semaines jusqu'à disparition des captures, et de ne parler d'élimination qu'après au moins un mois sans blatte.
Pourquoi je vois plus de cafards après le traitement ?
Après un insecticide, les blattes peuvent sortir de jour sous l'effet du stress. Des jeunes peuvent aussi éclore de capsules déjà formées. Si la situation ne baisse pas après 2 à 3 semaines, il faut revoir le diagnostic.
Un fumigène suffit-il contre les cafards ?
Non d'après l'essai américain lu : il n'a montré aucune baisse des populations. En France, l'autorisation lue le limite aux garages, caves, greniers, combles et vides sanitaires, avec 48 heures de délai d'action pour les blattes.
L'acide borique marche-t-il contre les cafards ?
Les études américaines le citent, mais il n'est plus autorisé comme insecticide dans l'Union européenne. Nous ne le conseillons pas.
Puis-je acheter un gel professionnel ?
Les produits réservés aux professionnels demandent le Certibiocide à l'achat. Des gels autorisés aux non-professionnels existent, et certains ont la même composition que leur version pro, d'après leur autorisation.
Faut-il faire appel à une entreprise ou traiter soi-même ?
Une petite infestation récente peut se traiter en suivant l'étiquette. Au-delà, ou dans un immeuble, passez à la page sur le choix d'une entreprise.
Sources (23)
- Buczkowski G., Kopanic R.J., Schal C., Transfer of ingested insecticides among cockroaches, Journal of Economic Entomology, 2001
- Wang C., Rutgers Cooperative Extension, German Cockroach (FS1322), 2020
- DeVries Z.C. et al., Exposure risks and ineffectiveness of total release foggers, BMC Public Health, 2019
- DeVries Z.C. et al., Pervasive Resistance to Pyrethroids in German Cockroaches, Journal of Economic Entomology, 2019
- Sutherland A.M. et al., UC IPM, Pest Notes: Cockroaches, Publication 7467, 2019
- Wang C. et al., Baiting for success, Pest Control Technology, juillet 2013
- ECHA, Information on biocides, Biocidal active substances, consultée le 30/10/2026
- ANSES, décision du 08/05/2025, fumigène à la perméthrine, AMM FR-2025-0006
- Brown W., Merchant M., Gold R.E., Texas A&M AgriLife Extension, Cockroach Biology and Management (E-359), 2012
- Oi F.M. et al., UF/IFAS, Assessment-Based Pest Management of German Cockroaches (ENY989)
- Gordon J.M. et al., Laboratory and in-home evaluations of consumer- and professional-grade cockroach baits, Journal of Economic Entomology, 2025
- Wada-Katsumata A., Silverman J., Schal C., Changes in taste neurons support the emergence of an adaptive behavior in cockroaches, Science, 2013
- Fardisi M. et al., Rapid evolutionary responses to insecticide resistance management interventions by the German cockroach, Scientific Reports, 2019
- ANSES, décision du 04/05/2026, gel à l'imidaclopride, AMM FR-2017-0090
- Cornell University, NYS IPM Program, Found a cockroach? Don't panic (IPM No. 602), 2000
- Buczkowski G., Scherer C.W., Bennett G.W., Horizontal transfer of bait in the German cockroach, Journal of Economic Entomology, 2008
- ANSES, alerte du 05/12/2023 sur les dangers d'insecticides interdits
- Ministère de la Transition écologique, notice explicative de l'arrêté Certibiocide, mai 2025
- ANSES, décision du 11/09/2025, gel à l'imidaclopride et au S-méthoprène, AMM FR-2021-0043
- Erban T. et al., décomposition des allergènes Bla g 1 et Bla g 2 dans les excréments, Journal of Medical Entomology, 2010
- ANSES, décision du 08/05/2025, poudre à la deltaméthrine, AMM FR-2016-1016
- Zha C. et al., Spatial Distribution of German Cockroaches in a High-Rise Apartment Building, Journal of Economic Entomology, 2019
- Wang C., Bennett G.W., Comparison of cockroach traps and attractants, Environmental Entomology, 2006


